À 17 mois, certains enfants alignent déjà une poignée de mots, d’autres restent muets ou répètent des syllabes éparses. Les chiffres de Santé publique France parlent d’eux-mêmes : un quart des tout-petits n’assemblent pas encore deux mots à cet âge.
À 17 mois, où en est le langage chez la plupart des enfants ?
Le parcours d’apprentissage du langage, à cet âge, n’a rien de linéaire. À 17 mois, le développement du langage ressemble davantage à un terrain d’exploration qu’à une autoroute balisée. Après le babillage spontané des débuts, certains enfants se lancent dans leurs premiers essais de mots, tandis que d’autres préfèrent observer, silencieux, ou s’exprimer à travers quelques sons. Pour beaucoup, les premiers mots surgissent entre 12 et 18 mois, sans que la précocité ou le retard ne soient synonymes de problème.
Les spécialistes distinguent deux grandes dimensions : le langage réceptif (ce que l’enfant comprend) et le langage expressif (ce qu’il dit). À cet âge, la compréhension se développe souvent plus vite que la parole. Un petit qui ne prononce pas encore de mots peut tout à fait montrer du doigt, suivre du regard, réagir à son prénom : autant de preuves d’une compréhension du monde en pleine expansion.
Pour mieux situer les étapes typiques du langage chez l’enfant, voici un aperçu général :
- Babillage : généralement avant 12 mois
- Premiers mots : le plus souvent entre 12 et 18 mois
- Premières phrases de deux mots : entre 15 et 24 mois
Le développement du langage se nourrit de l’environnement. Lire ensemble, chanter des comptines, multiplier les échanges, jouer : tout cela façonne un terrain favorable. Les interactions parent-enfant font toute la différence, tout comme l’exposition à la langue des signes ou à des activités adaptées à l’âge de l’enfant. Chaque histoire est unique, mais une chose ne varie pas : plus les échanges sont réguliers et chaleureux, plus la parole s’éveille naturellement, parfois après une longue attente.
Mon fils ne parle pas encore : faut-il s’inquiéter ou respecter son rythme ?
Le silence d’un enfant de 17 mois interpelle. Les parents attendent le premier mot, s’interrogent sur un possible retard de langage. Pourtant, il existe une large palette de rythmes à cet âge. Certains enfants privilégient l’écoute et la compréhension, d’autres s’aventurent plus vite dans l’expression. L’absence de mots ne veut pas dire qu’il y a forcément un trouble.
Il reste toutefois nécessaire de rester attentif. Un retard de langage peut refléter différentes réalités : troubles du développement, problèmes d’audition, apraxie de la parole. L’environnement compte aussi beaucoup. Peu d’échanges, trop d’exposition aux écrans : la parole peut s’en trouver freinée. Les experts, d’ailleurs, déconseillent l’usage des écrans avant 3 ans.
Face à l’incertitude, il existe des repères fiables. Si l’enfant ne pointe pas, ne tourne pas la tête quand on l’appelle, ou semble ne pas comprendre des phrases simples, il est nécessaire de consulter un pédiatre ou un orthophoniste. Une évaluation précoce permet de mieux cerner la situation, d’écarter un éventuel trouble du spectre autistique (TSA) ou une difficulté sensorielle.
Laissez à l’enfant son rythme, tout en restant à l’écoute. Un environnement riche en échanges verbaux, une attention portée à la communication non verbale, créent les conditions idéales pour que le langage s’épanouisse. Les parents jouent un rôle de vigie, capables de percevoir les besoins, de solliciter de l’aide et d’accompagner l’éveil de la parole.
Signes à observer pour repérer un éventuel retard de langage
Chaque enfant avance à son rythme, mais certains signaux doivent être surveillés de près. L’absence ou la rareté de babillage est un premier indice : ces jeux de sons précèdent habituellement l’émergence des mots. Un enfant qui ne tente aucun son, n’imite ni bruit ni intonation, suit un parcours atypique du développement du langage.
La compréhension reste centrale. Un jeune enfant qui ne réagit pas à son prénom, ne suit aucune consigne simple, ou n’utilise ni regard ni geste pour se faire comprendre, peut présenter un retard de langage associé à d’autres difficultés. Les spécialistes observent aussi la capacité à pointer, à montrer ce qu’il souhaite, à établir des échanges, même non verbaux.
Voici les signaux à surveiller particulièrement :
- Pas de mots, même isolés ou déformés, à 17 mois
- Absence de gestes communicatifs (pointer, saluer de la main, tendre les bras)
- Difficulté à comprendre des instructions simples ou à interagir avec l’adulte
- Aucune réaction aux bruits ou aux voix familières
Un retard de langage accompagné de troubles émotionnels, de bégaiement, ou d’un retrait dans les interactions peut signaler un trouble plus large, comme une dysphasie ou un trouble du spectre autistique. Les parents, premiers témoins au quotidien, sont souvent les plus à même d’observer ces écarts. Une observation attentive permet d’agir vite et d’ajuster l’accompagnement.
Des gestes simples au quotidien pour encourager la parole
Le développement du langage s’ancre dans des habitudes accessibles à tous. Parlez à votre enfant, décrivez ce que vous faites, nommez les objets et les actions : chaque mot partagé enrichit sa compréhension. Citez les aliments pendant le repas, détaillez les gestes d’habillage, commentez les images d’un livre. La répétition fait son chemin, même si les mots se font attendre.
Les comptines et chansons sont de précieux alliés. Le rythme, la mélodie, les gestes associés captent l’attention et stimulent la mémoire. Chantez ensemble, mimez les paroles, proposez des jeux de doigts ou des marionnettes. Petit à petit, l’enfant s’approprie les sons et les intonations.
La langue des signes pour bébé gagne en popularité dans les familles. Montrer “encore”, “fini”, ou “dormir” avec les mains facilite les échanges et apaise la frustration liée à la difficulté de verbaliser. Ces gestes n’entravent pas la parole : ils créent un pont entre la pensée et l’expression, et encouragent l’enfant à entrer dans la communication.
Quelques habitudes simples peuvent faire la différence :
- Lire chaque jour, même brièvement, pour étoffer le vocabulaire
- Privilégier les échanges sans écran, en face à face
- Encourager chaque tentative de communication, qu’elle soit orale ou gestuelle
La stimulation du langage commence à la maison, dans la disponibilité et l’écoute. Chaque moment partagé, chaque mot échangé, devient une occasion de nourrir la curiosité, d’élargir l’horizon sonore, gestuel et relationnel de l’enfant. Rien n’est jamais perdu : la première parole surprend toujours, mais elle se prépare chaque jour, patiemment, dans la complicité du quotidien.



