En 2025, une étude longitudinale menée dans plusieurs pays européens a mis en évidence une augmentation de la consommation de cannabis parmi les mères allaitantes. Les données montrent que les concentrations de THC détectées dans le lait maternel persistent jusqu’à six jours après la dernière prise.
Les recommandations officielles, longtemps restées floues, divergent encore selon les agences sanitaires. Certains professionnels de santé observent pourtant une hausse des interrogations sur les risques potentiels pour le nourrisson, tandis que les alternatives pour assurer une alimentation optimale se multiplient.
Allaitement maternel en 2025 : entre recommandations et nouvelles interrogations
l’allaitement maternel reste, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités sanitaires françaises, la référence en matière de nutrition du nourrisson. Les preuves s’accumulent sur ses bénéfices : bouclier immunitaire, baisse du risque d’infection, retombées positives sur la santé métabolique à long terme. Pourtant, en 2025, la question des recommandations internationales se fait plus pressante : comment les adapter aux contextes sociaux, économiques et culturels bien français ?
La demande d’accompagnement à l’allaitement ne cesse de grimper, portée par la diversité grandissante des familles et des modes de vie. L’assemblée mondiale de la santé réclame un guide d’allaitement maternel remis à jour, intégrant les dernières avancées sur les substituts du lait maternel et les nouveaux enjeux de santé publique. En France, où la durée moyenne de l’allaitement demeure en retrait par rapport à l’Europe, de nouveaux dispositifs voient le jour pour épauler les mères, de la maternité jusqu’au retour au travail.
Plusieurs initiatives concrètes incarnent ce mouvement :
- Des consultations entièrement consacrées à l’allaitement maternel sont désormais proposées dans de nombreux hôpitaux.
- Les substituts du lait maternel bénéficient d’un encadrement renforcé et leur promotion fait l’objet d’une surveillance accrue.
- Des réseaux d’accompagnement regroupant sages-femmes et associations parentales s’étoffent.
Ce décalage entre normes internationales et pratiques du quotidien suscite de nouveaux doutes. Peut-on encore garantir une information fiable et un accompagnement pertinent, alors que les sources se multiplient et que les discours autour du lait maternel se complexifient ? Les attentes changent, les repères bougent : la scène de l’allaitement en France se redessine, prise en étau entre découvertes scientifiques et réalités ordinaires.
Quels sont les effets du cannabis sur la lactation et la santé du nourrisson ?
La montée de la consommation de cannabis parmi les mères allaitantes interpelle de plus en plus les professionnels de santé. Les données, encore parcellaires, convergent cependant sur plusieurs risques pour l’enfant nourri au sein. Le tétrahydrocannabinol (THC), principe actif du cannabis, passe facilement dans le lait maternel et s’y accumule. Sa lente élimination expose le nourrisson à des doses répétées, même si la consommation de la mère n’est pas régulière.
Les recherches récentes mettent en avant plusieurs points de vigilance :
- Un impact possible sur la prise de poids du bébé et sa croissance globale.
- Des perturbations du développement neurologique et du sommeil.
- Des modifications de la composition du lait, touchant notamment les lipides et protéines.
Certains travaux rapportent une fréquence accrue de troubles de la vigilance, de difficultés à téter et d’irritabilité chez le nourrisson. La lactation pourrait elle aussi pâtir de la consommation de cannabis, ce dernier pouvant perturber la sécrétion de prolactine, hormone centrale de la production lactée.
Les recommandations des réseaux périnataux et des centres de référence sont claires : la consommation de cannabis n’a pas sa place pendant l’allaitement maternel. Mais le discours va plus loin : il s’agit d’accompagner chaque mère concernée, de protéger la santé de l’enfant sans jugement ni stigmatisation.
Idées reçues et vérités scientifiques autour de l’allaitement et des substances psychoactives
Sur l’allaitement maternel, les croyances circulent avec une étonnante persistance, souvent alimentées par les réseaux sociaux ou certains discours familiaux. On entend parfois que le colostrum suffirait à protéger le bébé, même face à l’exposition à différentes substances. Pourtant, les centres de référence agents tératogènes nuancent ce propos : les effets du cannabis, de l’alcool ou de certains médicaments sur l’enfant allaité sont de mieux en mieux documentés, même si toutes les réponses ne sont pas encore là.
Les professionnels de santé rappellent que la quantité de substances psychoactives dans le lait maternel dépend de facteurs multiples : le type de molécule, la fréquence d’usage, le métabolisme de la mère, le stade de l’allaitement. Les guides d’allaitement actualisés insistent sur la nécessité de nuancer : chaque substance a son propre profil de risque, chaque cas doit être évalué de façon personnalisée, dans un dialogue entre la mère et le médecin.
Plusieurs points méritent une attention particulière :
- Une prise de poids insuffisante chez le nourrisson doit alerter et conduire à un suivi rapproché.
- Certains traitements, validés par un international board certified lactation consultant, sont compatibles avec l’allaitement.
- Les centres de référence agents tératogènes accompagnent les mères rencontrant des difficultés ou exposées à des substances à risque.
Pas de place pour la dramatisation, ni pour les injonctions hâtives. L’information progresse, l’accompagnement aussi : la vigilance se fait plus fine, plus humaine.
Maintenir une lactation optimale : conseils pratiques et alternatives pour les mères concernées
La reprise du travail, la fatigue, ou la nécessité de traitements médicaux amènent de nombreuses mères à s’interroger sur la suite de leur allaitement. Dans ce contexte, le rôle des professionnels de santé prend tout son relief. Les consultations d’accompagnement à l’allaitement sont désormais mieux intégrées au parcours de soins, offrant un espace d’écoute et des réponses concrètes. Adapter la fréquence des tétées, miser sur l’expression du lait maternel pour entretenir la lactation, chercher un appui rapide en cas de difficultés post-partum : ces gestes font la différence.
Voici quelques adaptations utiles à envisager :
- Après la reprise du travail, l’alternance entre tétées au sein et utilisation du tire-lait devient souvent la solution la plus réaliste.
- L’allaitement mixte, combinant sein et lait infantile industriel, s’affirme comme une option concrète pour maintenir le lien lacté tout en jonglant avec de nouveaux rythmes.
- Surveiller la prise de poids de l’enfant avec un professionnel de santé reste déterminant.
Longtemps considérés comme secondaires, les substituts du lait maternel trouvent désormais leur place dans les recommandations récentes. Ces laits industriels, prescrits au cas par cas et adaptés au profil nutritionnel des enfants allaités partiellement ou non allaités, s’intègrent à une démarche individualisée. La multiplication des guides d’accompagnement à l’allaitement et la montée en compétence des équipes mère-enfant, en France comme ailleurs, illustrent cette nouvelle approche : avancer avec pragmatisme, loin des dogmes et toujours au plus près des besoins réels.
En 2025, allaiter, ce n’est plus suivre un schéma unique, mais choisir son chemin avec des repères solides, des ressources fiables et l’accompagnement d’experts engagés. Le défi collectif ? Permettre à chaque mère de décider, en toute confiance, de la meilleure façon de nourrir et de protéger son enfant.



